Si nous passons à l’examen du costume de thésée, nous verrons la marche de l’action exiger,

C’est sur ce plan que se trouveront les points d’intersection des regards des spectateurs de droite et de gauche, tandis que les regards des spectateurs faisant face à la scène lui seront parallèles. Or ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les sensations que nous font éprouver les oeuvres classiques sont tout aussi réelles, mais qu’elles sont d’un autre ordre, et d’un ordre supérieur.

Or, ce goût irréprochable et cette science, qui s’appuie sur une longue expérience, sont les deux qualités maîtresses de son administrateur actuel. Nous allons passer en revue quelques exemples qui feront ressortir clairement l’emploi que les auteurs modernes ont fait de la musique, soit dans le drame, soit dans la comédie. La mise en scène ne peut pas s’isoler et se séparer de l’esthétique, dont elle n’est qu’une partie subordonnée; elle ne doit pas obéir à des principes différents. La traduction d’une oeuvre ancienne ou étrangère, loin de lui nuire, la rajeunit souvent en atténuant ou en modifiant des idées ou des images qui seraient de nature à choquer notre goût actuel; elle tient forcément compte, rien que par l’emploi de la langue dont elle se sert, de la différence des temps, des lieux et des transformations de l’esprit. Le spectateur, dont les magnificences de la mise en scène captivent les yeux, n’est plus dans un état de conscience susceptible de goûter, soit la beauté littéraire de l’oeuvre représentée, soit la profondeur et la vérité psychologique des passions qu’elle met en jeu. Le tableau, dans sa simplicité tragique, causait une double impression de pitié et de terreur; et cette impression ne se fût pas effacée si le drame n’eût amené dans ce tableau une représentation de la mort et ensuite une représentation de la folie. La tragédie de Corneille et de Racine et la comédie de Molière commandent donc, sans appuyer ici sur l’étude psychologique des rôles, une grande largeur de diction, une élocution très nette dégagée des à peu près de la conversation courante, une science du geste d’autant plus grande qu’il est plus rare et qu’il a un rapport plus étroit avec le texte poétique, une attitude qui n’a jamais le droit d’être vulgaire ou qui, dans l’emportement même des passions, ne doit jamais manquer de dignité.

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