L’impression causée par la mise en scène est donc en même temps ressentie par le personnage

On sent combien serait salutaire l’application de telles lois somptuaires, à une époque où le luxe de la mise en scène atteint des proportions véritablement ruineuses. Donc, ici, à la Comédie-Française, par exemple, un peu d’excès dans la mise en scène ne modifiera pas sensiblement le caractère général qu’elle doit conserver, et nous ne serons pas tentés de scruter les rapports spéciaux que le matériel figuratif, un peu trop amplifié, pourrait avoir avec la marche du drame, tandis que là, au Châtelet par exemple, chacun des détails du matériel figuratif nous attirera par le rapport probable que nous le soupçonnerons d’avoir avec la suite du drame. Il suffit de rappeler l’engouement peu justifié du public, à toutes les époques, pour tel poète ou pour telle oeuvre dramatique. Le cas de la poésie est plus complexe, parce que rien ne parvient à notre esprit que par l’intermédiaire obligé de nos organes; mais la poésie elle-même déchoit si, au lieu de considérer le plaisir des yeux et de l’oreille comme subordonné à celui de l’esprit, elle emploie, pour captiver l’esprit, le prestige de la peinture ou la séduction de la musique.

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