Si le poète a conduit rationnellement son oeuvre du relatif à l’absolu, la mise en scène

Il y faut conserver un certain rapport avec la vérité.

Son glaive, brillant de clous d’or, est renfermé dans un fourreau d’argent, que soutient un baudrier tissu d’or. Un directeur privilégié et garanti par l’État contre des pertes trop sensibles a pour devoir de ne pas sacrifier l’art à un désir de gain immodéré. Pour eux toutefois le point de convergence optique représente encore une moyenne de distance et d’obliquité.

C’est pourquoi le sens particulier que les poètes ont de leur oeuvre leur donne une autorité dont il ne faut pas s’affranchir légèrement quand il s’agit de régler la mise en scène; et c’est pourquoi l’instinct dramatique est de toutes les qualités celle qui est la plus précieuse dans un metteur en scène. Cela est si vrai que cette sensation pourtant si forte peut être éprouvée, identique dans tous ses effets, aussi bien à la représentation d’une comédie de Molière qu’à la représentation d’une tragédie de Corneille ou de Racine, ce qui ne se concevrait pas si on devait en chercher la source dans le pathétique des situations, au lieu d’y voir un effet de la puissance de la poésie et du jaillissement de la vie, en un mot une manifestation du beau idéal, c’est-à-dire du beau conçu par l’esprit et enfermé par l’artiste dans un simulacre humain.

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