A l’odéon, on n’a pas fait une étude suffisamment artistique de la mise en scène

La traduction d’une oeuvre ancienne ou étrangère, loin de lui nuire, la rajeunit souvent en atténuant ou en modifiant des idées ou des images qui seraient de nature à choquer notre goût actuel; elle tient forcément compte, rien que par l’emploi de la langue dont elle se sert, de la différence des temps, des lieux et des transformations de l’esprit. Le public subit, comme nous l’avons dit, l’influence du tableau qu’on compose pour ses yeux, et ses dispositions morales se conforment à celles que les figurantes doivent à leur propre attitude. C’est la vue de l’eau qui éveille chez Sichel le désir de boire, et c’est l’action de boire à la cruche que penche la jeune fille qui ramène à la mémoire du rabbin l’histoire touchante de Rébecca et d’Eliézer.

Voilà le véritable emploi de la musique au théâtre. Nous pouvons déjà remarquer que la meilleure manière de mettre en scène la musique, c’est d’en masquer l’exécution et de soustraire les exécutants aux yeux du public.

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