On ne peut nier que la réalité, en montant sur la scène et en venant y

C’est précisément ce que nous allons voir en examinant les costumes de _Phèdre_.

A ses drames conviennent les décorations splendides, les ameublements somptueux, les foules innombrables de la figuration; car partout et toujours, derrière la décoration, derrière les personnages, comme un dieu impalpable derrière un héros de l’Iliade, on devine la grande ombre du poète dont la volonté puissante assemble les choses ou pousse et fait mouvoir ses personnages à nos yeux. Dans ce drame; les causes immédiates sont toutes objectives. Il n’y a que demi-mal quand il s’agit de pièces modernes, où le mot _acte_ et le mot _tableau_ sont si fréquemment confondus, et où l’expression de _cinq actes_ n’est qu’une phraséologie de convention. Les contrastes qui ne résultent ni de l’action ni des péripéties du drame sont au nombre des causes les plus puissantes qui détournent fatalement l’attention du spectateur. On en aura une idée approximative quand on se sera rendu compte que l’esprit est occupé à la coordination d’un nombre considérable d’impressions auditives, visuelles et intellectuelles, dont les éléments changent constamment, se compliquent, se croisent, s’ajoutent ou se retranchent dans un mouvement incessant.

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