Néanmoins, cette première scène de l’acte prépare surtout la dernière

Sans me préoccuper de l’action du drame, je dirai que c’est le tableau contraire qu’ils auraient dû présenter. Cette tendance consiste à transformer la représentation du réel en une sorte de présentation directe, de telle sorte qu’ils cherchent à s’affranchir du procédé artistique de l’imitation et mettent leur ambition à nous intéresser à la vue des objets eux-mêmes. Cette association de l’esprit et de la fantaisie est, en effet, le propre des oeuvres comiques, car les lois de l’esprit et de la fantaisie semblent être identiques à celles de la gaieté et du rire, et consister dans le rapport soudain que l’auteur nous fait apercevoir entre deux objets les plus disparates d’apparence. Cela tient sans doute à ce que la nature nous impose sa puissance en la transformant en mouvement et en bruit, double phénomène dont la représentation ne change pas le mode d’action. Que nous sommes déjà loin cependant des tréteaux sur lesquels, dans l’_Avocat Patelin_, maître Guillaume vient étaler ses pièces de draps! Or la veille du jour où vous avez vu _Bertrand et Raton_, vous aviez pu voir _Pot-Bouille_ à l’Ambigu et admirer le magasin des Vabre avec son élégant escalier en spirale, avec ses commis, ses acheteuses qu’un équipage réel attend à la porte; et le lendemain vous avez peut-être vu _la Charbonnière_ à la Gaîté.

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