Pour être accessible à un pareil sentiment, il faudrait ne pas être convaincu comme je le

Au commencement du deuxième acte, au moment du départ des moissonneurs pour les champs, se place la chanson de Sûzel, dont le choeur reprend le dernier vers: Ils ne se verront plus! Le chant de Sûzel se trouve amené naturellement dans la pièce, et cependant, en dehors de l’effet touchant qu’il prépare pour la fin de l’acte, il n’offre guère que l’intérêt de l’exécution musicale, puisque Sûzel est en scène; et à la Comédie-Française cet intérêt est, il est vrai, très vif parce que l’actrice qui remplit ce rôle a une remarquable diction, aussi large et aussi pure quand elle chante, même sans accompagnement, que lorsqu’elle parle. Il n’est pas jusqu’aux objets non visibles qu’il soit permis de produire sans préparation et sans précaution. Dans la comédie de Molière, pour prendre un exemple, l’argent ne s’est pas encore incarné dans un personnage spécial; mais au XVIIIe siècle nous voyons se dessiner l’image du financier. J’ajouterai, afin qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée, que cette différence peut être considérée comme le fondement du jugement littéraire.

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