Nécessité des théâtres subventionnés

Or, s’ils remplissent ce devoir, c’est à la condition de se résigner à une perte de gain possible, sacrifice qui trouve sa compensation dans les subventions de l’État.

C’est en somme le triomphe de l’être humain sur la nature, de l’intelligence sur la matière.

La représentation n’en serait pas possible au théâtre par les mêmes moyens; car la nature y est immobile et le vent n’y courbe pas les arbres. Il suffit souvent d’une négligence de détail, telle par exemple que le mouvement intempestif d’un figurant au milieu d’une scène pathétique, pour détourner le cours de l’influx nerveux, que l’esprit emploie immédiatement à des coordinations tout à fait étrangères à l’oeuvre représentée sous nos yeux, ou pour que cette force nerveuse se dissipe brusquement en se jetant sur les muscles du rire.

Il est juste d’ajouter que, dans beaucoup de cas, la dignité personnelle du comédien doit entrer en ligne de compte; mais c’est là une raison de sentiment qui me semble secondaire.

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