C’est après quelques instants remplis d’une ardente espérance, sous tous les regards du public et sous

Dans _les Rantzau_, les deux frères vont au-devant l’un de l’autre et s’embrassent au centre optique. C’est son honneur et sa gloire de monter parfois des oeuvres qui ne soient susceptibles de plaire qu’à un public restreint, mais délicat et lettré. L’illusion qui nous faisait voir en lui un personnage du drame, faisant corps avec le milieu figuré, créé par le poète et le décorateur, s’évanouit en un instant, et nous n’avons plus devant les yeux qu’une marionnette trop grande, se promenant dans un théâtre d’enfant.

Il suffit de rappeler l’engouement peu justifié du public, à toutes les époques, pour tel poète ou pour telle oeuvre dramatique. Quoi qu’elle fasse, la chambrette de Jenny ou la hutte du chiffonnier sera toujours plus grande que le salon d’un ministre. C’est là d’ailleurs, empressons-nous de l’ajouter, un de ces détails techniques qui ne sont de la compétence ni de la direction, ni du metteur en scène; ils rentrent dans l’art spécial du décorateur, exercé en général par des perspecteurs très habiles, qui usent de différents procédés pour masquer les contacts entre les personnages et les décors trop lointains.

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