L’art dramatique est donc sur une pente toujours dangereuse, sur laquelle il lui est malheureusement trop

Ce n’est donc ni dans l’intensité croissante de la lumière ni dans l’exagération du nombre et du mouvement qu’on trouvera des effets nouveaux et amusants, mais en cherchant dans des séries d’images de plus en plus éloignées quelque rapport apparent entre le possible et l’impossible. De telle sorte que, sur un million de spectateurs, il n’y en aurait probablement pas un qui fût susceptible de saisir, à mille ans près, des différences dans les modes chinoises. A ses drames conviennent les décorations splendides, les ameublements somptueux, les foules innombrables de la figuration; car partout et toujours, derrière la décoration, derrière les personnages, comme un dieu impalpable derrière un héros de l’Iliade, on devine la grande ombre du poète dont la volonté puissante assemble les choses ou pousse et fait mouvoir ses personnages à nos yeux. Une fois la pièce lancée, l’ensemble de la mise en scène n’est plus modifiable, mais il arrive presque toujours que, lorsqu’une pièce reste longtemps sur l’affiche, les acteurs cèdent à la tentation d’exagérer l’effet représentatif de leurs rôles; et ils y sont encouragés par les applaudissements du public, qui devient moins délicat, à mesure qu’augmente le nombre des représentations.

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