Nous avons rapporte quel avait ete le succes de cette double attaque

Seul, Cuellar parlait; il essayait de prouver au comte que la guerre avait des necessites facheuses, que, depuis longtemps deja, don Andres avait ete denonce comme un partisan avoue de Miramon, et que la prise et la destruction de l’hacienda n’etaient que les consequences de son mauvais vouloir pour le president JuArez, toutes choses auxquelles le comte, comprenant l’inutilite d’une discussion sur un semblable sujet avec un pareil homme, ne se donnait meme pas la peine de repondre. N’est-ce pas le chef des _Puros_? dit en riant l’aventurier.

. Le general BerriozAbal, le general Degollado, ses fils, deux colonels, tous les officiers composant leur etat major, quatorze pieces de canon, une grande quantite de munitions et d’armes, et plus de deux mille prisonniers tomberent entre les mains de Miramon. La petite Alice a couche avec Bergelette, avec de Bovardy, tu sais, le lieutenant de chasseurs, le pschutt du pschutt. On entendait resonner au loin les grelots des mules de quelques arrieros attardes qui se hataient d’atteindre la magnifique chaussee bordee de ces enormes aloes contemporains de Moctecuzoma et qui conduit a Mexico.

Il avait appris le projet de pelerinage de Tonia par son ami le cantonnier, qui, lui, l’avait su par la femme de la cantine du Don, et il s’etait mis en tete d’accompagner la voyageuse, sans se faire voir, afin de la proteger au besoin; mais c’etait la une mauvaise excuse qu’il se donnait a lui-meme. . Trop loin encore! murmurait Maurin. . Je le devine aux battements de mon coeur, murmura-t-elle doucement. Mais enfin, quoi? Que voulez-vous dire? –Connais-tu cet homme? –Ma foi, non; pourquoi le connaitrai-je? –Je ne te demande pas cela; puisque tu ne le connais pas, comment se fait-il que tu nous l’amenes ainsi au rancho, sans dire gare? –Mon Dieu, par une raison bien simple: je revenais de Cholula, lorsque je l’ai trouve couche en travers du chemin, ralant comme un taureau agonisant. Comme quoi, dit-il, l’intelligence et la connaissance du vocabulaire sont deux! –Parlez-moi francais, dit simplement Maurin. le comte lui avait permis de hisser sa voile au vent, lequel s’etait mis a souffler du large. Il devait y avoir des murs, dit Maurin.

Son dejeuner etait tout prepare sur la table.

C’etait le cadeau bizarre que lui avait fait un milliardaire americain, en le mettant a la porte apres l’avoir charge quelque temps de faire a son jeune fils un cours de francais, mais non pas d’idealisme. Maurin en route n’avait plus rien dit. Qu’y avait-il la dedans? Un monde! Tout ce qu’il faut pour vivre a la chasse, seul, au fond des bois, a savoir: douze gousses d’ail, renouvelables; deux livres de pain, un litre de vin, un tube de roseau contenant du sel, une gourde d’aigarden[1]; une coupe taillee dans de la racine de bruyere, coupe d’honneur offerte a Maurin par les chasseurs de Sainte-Maxime; deux paquets de tabac de cantine, deux pipes, un couteau-scie; un couteau-poignard de marin, dans sa gaine de cuir; un briquet, de l’amadou, trois alenes de cordonnier, un tranchet, une paire d’espadrilles de rechange (il en usait deux paires par semaine); une demi-peau de chevre tannee, pour le raccommodage de ses chaussures; deux tournevis, six livres de plomb, trois boites de poudre, deux boites de capsules (car bien qu’il possedat un fusil a systeme il prenait quelquefois son vieux fusil a piston); une boite de fer-blanc pour les oeufs et les sauces; douze metres de cordelette fine et solide dite septain; une paire de manchons.

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